Chronique n°34
(Où il est confusément question des livres de Philippe Delerm)
Il y a peu de temps, prise d'une fringale littéraire, et tombant comme par hasard le jour où il y a une promo à la librairie du coin (en gros un livre de poche acheté = un offert, et en plus un livre de leur choix offert pour 5 livres de poches achetés). Bref, je me suis jetée dessus et suis ressortie avec 13 livres, 13 et non pas 12 parce qu'en plus le vendeur m'a fait du charme (ou l'inverse) et donc j'ai eu droit à un livre de leur choix en plus. Bon en même temps "leur" choix était passablement réduit, la plupart étaient des livres que j'avais déjà, ou qui ne me tentaient pas DU TOUT, et dans ceux qui restaient c'était... disons un peu bof, mais n'empêche j'étais curieuse de lire du Pierre Bellemare pour voir, ma collection de Jules Vernes était loin d'être complète, sans compter qu'il est toujours bon d'avoir un livre de Raymond Devos, que j'adore.
Donc, j'ai dévalisé le coin Delerm. Il faut que je vous explique.
Le mois dernier je suis partie à Manchester, ça tout le monde le sait, je le répète à qui veut l'entendre, même ma coiffeuse est au courant (moi qui ai horreur d'aller ch
ez le coiffeur... enfin bon se faire coiffer par le sosie de Meryl Streep n'est pas en soi si désagréable) BREF. Je disais quoi déjà ? ah oui Manchester. N'ayant plus rien à lire (c'est malheureux ma bonne dame mais ça arrive), et ayant fini en une après-midi l'habituel magazine idiot dont je me sert pour passer le temps dans les transports, j'ai décidé pour une fois d'investir dans un bouquin de voyage, eh ouais, attention ceci est une histoire à fort taux émotionnel.
ez le coiffeur... enfin bon se faire coiffer par le sosie de Meryl Streep n'est pas en soi si désagréable) BREF. Je disais quoi déjà ? ah oui Manchester. N'ayant plus rien à lire (c'est malheureux ma bonne dame mais ça arrive), et ayant fini en une après-midi l'habituel magazine idiot dont je me sert pour passer le temps dans les transports, j'ai décidé pour une fois d'investir dans un bouquin de voyage, eh ouais, attention ceci est une histoire à fort taux émotionnel.Je suis donc allée là où je pouvais à ce moment-là, à savoir une petite librairie/marchand de journaux à Caudebec en Caux, charmante bourgade de bord de Seine, connue pour... euh... sa maison des templiers du XIIème siècle (claaaaaasse), et sa cabine téléphonique qui ressemble à celles des anglais (pas claaasse)...
Peu de choix donc (à la librairie. S'cusez de revenir à nos moutons, mais c'est un peu de ça qu'il s'agit à la base), j'hésite entre les dernières oeuvres de Chrétien de Troie et des trucs que je ne connais pas, dont Philippe Delerm, car il faut bien que j'avoue que j'avais plus entendu parler de son fiston que de ses oeuvres (que bêtement je classais dans la même catégorie que celles de son rejeton, en me disant que les chiens ne font pas des chats qui tombent loin du pommier). Donc "a priori" j'aimais pas.
La cusiosité m'emportant, je feuillète un peu La Sieste Assassinée, histoire de me conforter dans mon idée, et je reste scotchée sur une petite historiette au sujet des Marseillais et de leur façon de dire qu'ils mangent "la" pizza et non pas "une" pizza et que ça ne signifie pas du tout la même chose pour eux, etc. Si j'étais tombée sur une autre histoire, je ne suis pas sure que j'aurais autant accroché, mais là, ça m'a tellement amusée (et effectivement c'est une réflexion que je m'étais faite moi aussi quand j'habitais là-bas) que mes a prioris se sont envolés et que j'ai pris le bouquin pour en savoir plus sur ces Marseillais.
En résumé :
Philippe : claaaaaasse
Vincent : pas claaaaasse
Bon bien sûr l'histoire des pizzas ne dure que deux pages, et le reste du bouquin parle de plein d'autres choses, puisque qu'il ne s'agit que de recueils de petits contes/nouvelles/textes courts. Ce n'est qu'une suite d'impressions, de réflexions qu'on se fait parfois, de choses étonnantes auquelles on ne pense pas toujours, mais en y réfléchissant deux secondes on se dit juste "ah oui tiens c'est vrai" sans que ça chamboule plus nos vie, juste un petit sourire en coin et "ah ben oui tiens".
Ca me fait beaucoup penser à L'Absente de Yann Tiersen. C'est un album qui m'évoque
comme ça de tout petits bouts de souvenirs, une image, une impression, une sensation de coin de soleil en vacances en Bretagne, l'odeur d'une maison un peu humide, j'ai toujours trouvé très fort d'évoquer ça en musique, je trouve que c'est plus facile par des mots, mais ceux de Delerm sont excellement bien trouvés. En très peu de mots il évoque juste le bon sentiment, sans en faire des tonnes, sans phrases alambiquées, juste des petites notes sur la vie en général. On sent que c'est presque facile pour lui. Ses livres font à peine une heure (oui je calcule les livres en temps de lecture et non pas en pages, pardonnez-moi. Pour convertir, ça tourne autour de la 150aine de pages en moyenne), ce qui fait un peu cher du temps de lecture, mais enfin je trouve que ça en vaut la peine.
comme ça de tout petits bouts de souvenirs, une image, une impression, une sensation de coin de soleil en vacances en Bretagne, l'odeur d'une maison un peu humide, j'ai toujours trouvé très fort d'évoquer ça en musique, je trouve que c'est plus facile par des mots, mais ceux de Delerm sont excellement bien trouvés. En très peu de mots il évoque juste le bon sentiment, sans en faire des tonnes, sans phrases alambiquées, juste des petites notes sur la vie en général. On sent que c'est presque facile pour lui. Ses livres font à peine une heure (oui je calcule les livres en temps de lecture et non pas en pages, pardonnez-moi. Pour convertir, ça tourne autour de la 150aine de pages en moyenne), ce qui fait un peu cher du temps de lecture, mais enfin je trouve que ça en vaut la peine.Donc, tout ça pour en arriver à la librairie de chez moi, jour de promo, je me dirige au rayon Delerm, prend tout ce qui dépasse et laisse un trou béant sur l'étagère. Je ne les ai pas encore lus, je les ai entreposés dans ma table de nuit, comme des petits trésors, et je m'y attaque dès ce soir. J'en ai 9, donc d'ici neuf jours je devrai pouvoir vous donner mes impressions.
Edit :
Bon après vérification, c'est dans Enregistrements Pirates l'histoire de la pizza...
Alors, à la demande générale de mon fan club, reprenons. Je n'ai hélas pas encore fini de lire tout mes livres en raison d'une somme de travail étouffante, mais voici déjà mes premiers avis :
Enregistrements Pirates, La Sieste Assassinée : Je met ces deux livres dans le même panier, parce qu'à mes yeux, c'est du copier/coller de style, donc il est parfaitement inutile d'en faire deux chroniques différentes. Attention, je ne critique pas négativement, je suis suffisament méthodique moi-même pour ne pas saluer l'exercice, surtout qu'on peut lire les deux livres d'affilée sans y trouver le moindre inconvénient. Comme je le disai précédemment, il s'agit là de recueils de nouvelles courtes, environ 2 pages chacunes, évoquant à tour de rôle les petites drôleries de la société, des situations dans lesquelles tout le monde se retrouve, dans un conformisme où bien souvent on se dit à soi-même "bon sang mais qu'est-ce que je fiche ici ?" Ces textes trouvent tous ou presque un écho dans notre vie, je trouve donc très fort de parvenir à évoquer simplement ces petits moments sans pour autant tomber dans la poésie triturée ou le simplicisme simplet. Ces textes sont travaillés, ce ne sont pas des brèves de comptoir, le style est engageant et on sent un conteur derrière le texte. Un conteur, et un observateur. D'ailleurs ça m'amène à parler du troisième livre (waouw, ça c'est une transition de télévision ou je ne m'y connais pas! Drucker, attention, me voilà !)
Paris L'instant, écrit en collaboration avec Martine Delerm, sa femme, qui a illustré ses textes avec ses photographies. A moins que ça ne soit l'inverse. Un livre sur des instants volés, ce qu'on observe quand on a gardé ses yeux d'enfants, ceux qui voient le monde sans cloisons, qui regardent partout et tout le monde. J'ai moins aimé, bien que les photos soient vraiment bonnes, donnant à la câpitâle un air de village de province, des photos à la Norman Rockwell, d'un Paris qui n'existe peut-être pas vraiment, qui n'a peut-être jamais existé. Je pense que Philippe a écrit ses textes en se basant sur les photos, du moins c'est ce que je ressent à la lecture, je trouve les textes un peu plus tirés par les cheveux, moins "ressentis", un peu plus forcés. L'exercice ici encore est intéressant, je m'y suis moi-même essayé à plusieurs reprises, mais n'ayant pas le talent de Delerm, je n'en ai hélas pas fait de livre. Celui-ci n'est pas inintéressant, mais je le considère comme un exercice de style. Il ne m'a donc pas franchement bouleversifiée.
Autumn : à venir, je suis en plein dedans. Patience, patience !
A bientôt
E.
4 commentaires:
euh.. non rien.
Ah bon.
Très bonne note, comme il se doit.
Par contre c'est quoi ce dilettantisme ? Allez, au boulot, je veux des jolis textes !
[ouvre un oeil, décolle sa joue du clavier, se fait chauffer de l'eau pour un thé]
Hmm ? hein ? qu'est-ce que ? ah ! ah ouais..
Ben s'cusez, j'ai eu pas mal de boulot ces derniers jours, pas beaucoup le temps de dormir, et comme je lis pour m'endormir, du coup, pas beaucoup le temps de lire non plus...
Je te trouve bien exigeant ! Bon allez d'accord, je met un peu à jour, mais je ne les ai pas encore finis, et en plus j'ai lu Bellemare entre deux...
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